Sandrine's profileLe Maroc, origine des se...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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08/05/2009 Ils ont tout plaqué pour le métier de leur rêve!Un temps fou que j'avais délaissé mon blog!!! Des périodes de vie comme ça où l'attention est tourné ailleurs... En l'occurence sur le plan émotionnel, affectif, et professionnel, je me suis trouvée accaparée, parfois ensevelie même! Trop c'est trop me dit mon horoscope! Bien vrai... Education ,travail, argent... Il me conseille de faire 3 pas en arrière, de souffler et de me concentrer sur l'amour, ce qu'il y a de plus sacré! C'est clair. Parfois l'accomplissement de soi passe aussi par d'autres vecteurs, qui semblent aux yeux des esthètes, pures foutaises, et pourtant à mes yeux me semblent complémentaires... En réalité je ne pourrai pas me dédicacer à l'amour si moi-même je me sentais pas accomplie, comme si je me devais d'offrir à la personne que j'aime le meilleur de moi-même...
Donc j'ai décidé l'année dernière, de me mettre à mon compte! Certainement l'ultime étape d'une démarche intellectuelle en maturité.
Toute petite quand le professeur se tournait vers moi, dans la continuation de sa lignée, pour me demander ce que je voulais faire, je répondais de go :
- Être chef d'entreprise!
- Oui mais dans quoi?
- ... ?
Oui la réponse était quoique vide de sens! Dans ma tête de petite fille cela en avait du sens pourtant! Effectivement je ne savais pas l'activité, mais je connaissais la finalité! En soi pas mal déjà!
Même sans y mettre les mots, dépourvue d'une réflexion de grande personne qui a vécue, je savais que je ne me satisfairais pas d'une vie de routine, d'habitude, que je devais chercher en moi, au plus profond de moi, mes capacités. Affronter l'inconnu pour me découvrir : me sentir vivre avec les éléments qui m'entourent.
Pffft cela continue peut-être à ne pas avoir de sens pour ceux qui me lisent! Mais cela en a encore beaucoup pour moi!
A chaque jour un pas en avant... A chaque décision, une avancée un peu plus loin.
Oh ce rédac ne se veut pas accusateur pour ceux qui ont eu une vie différente, plus posée : chacun ses choix de vie. Au fond de moi, un volcan demandait qu'à s'exprimer. Vivre pour moi n'est pas un fleuve tranquille en fait! C'est un tourbillon d'émois qu'il faut que je touche, que je ressente et cela passe dans ma perception par un certain décalage, une virée dans mes rêves que je n'ai cessé de vouloir exoeucer! Comme une évidence... Une évidence vitale.
Décalage oui! Car étant toujours à mener ma barque suivant mes objectifs, prête à tout remettre en cause, il y a qqs années c'était loin d 'être une tendance en vogue!
Aujourd'hui, l'esprit à la crise, les journaux, revues & feuilles diverses racontent cette tendance d'une majorité à vouloir se défaire d'une certaine morosité ambiante poussée par le besoin de se trouver en harmonie avec soi. Il y a une décennie à peine, nous étions une minorité mal vue des convenances sociétaires...
J'ai fait mon nid petit à petit.
Déjà, à la fin de mes études de commerce 2 options se dessinaient dans ma tête.
Option 1 : Passer candidature dans les toutes nouvelles formations de police pour contrer les frontières eupéennes juste tombées. Suite à un seul coup de fil, la réponse fût tranchante et déterminante pour la suite... Seuls des policiers déjà en exercice seraient recrutés.
L'option 2 fût alors celle à réaliser : Poursuivre mes études en Espagne, amoureuse folle de la langue et de la culture.
Mon école n'était pas dans le programme Erasmus donc les conditions n'étaient pas facilitées. Malgré tout, je posais mes deux pieds, bien décidée, sur le tarmac de Barcelone avec pour premier RV en plein centre ville inconnu, mes futurs propriétaires, pour une visite de leurs appart en location.
A refaire! je le referai et referrai à chaque vie de chat!
Et pourtant dire que l'entourage n'avait pas salué ce départ pensant que le marché du travail ou des études supplémentaires s'imposaient de soi! En France, le côté je pars 1 an à l'étranger était encore perçu comme une vision je m'en foutiste de la vie, version peace & love & chitt !
Une année d'exception! Découverte. Débrouille. Rencontres. & fiestas : La Movida qué!
Découverte d'une ville et d'un pays.
Découverte de soi aussi, face à une langue pas totalement assimilée, face à l'inconnu loin des siens. Pas de caprices, faut avancer et s'intégrer.
Débrouille à l'université pour assister aux cours & prendre des notes.
Débrouille pour finir les fins de mois en ingurgitant des kgs de lentilles ; je n'ai jamais eu un taux de fer aussi nickel... Merci maman pour les Sos pepettes needed!
Rencontres avec tous mes colocataires! L'auberge espagnole en live! Le concept de colocation n'était qu'au balbutiements en France à cette époque... Pouah une expression de vieille ça! ... Je me rappellerai toujours de ce premier soir où ils sont tous rentrés au bercail. Entourée d'américains, irlandaise, suédoise, allemande je me suis lancée à baragouiner timidement un bonjour en anglais, un salut de guingois en espagnol & un sourire intimidée de "on fait connaissance gentiment hein?" ou "Vous me laisser rentrer dans le cercle, j'suis une fille sympa j'vous assure!?"
C'était partie, une équipe soudée, fraternité, franches rigolades, des ras-le-bol de faire le ménage pour tous! Des repas internationaux miam! Des fiestas à gogo!
Colouer c'est tout un savoir-faire & un savoir-être... trés bon apprentissage au quotidien! Les voyages forment la jeunesse, un axiome vérifié!
De retour en France le sourire large, une valise de souvenirs digestes à souhait... Heu aussi 10kg de plus sur les hanches!
Et un taff obtenu dans la semaine grâce à mon niveau d'espagnol. De quoi rabattre le caquet des plus virulents...
Quelques années plus tard... Mon esprit barodeur redevenait actif. Il me titillait les papilles et me soufflait dans l'oreille : Ok t'as bossé comme une dingue pour reconnaissance officieuse mais non officielle durant 4 ans, tu as claqué la porte et maintenant tu vis convenablement en Intérim où le boulot ne manque pas pour qui veux bosser, mais ne ressens-tu pas l'envie d'aller voir ailleurs où t'accomplir au plus près de toi-même... Le chant des sirènes avait battu trompettes, la décision était prise de reprendre les valises!
Banco, Un départ en 2 temps s'inscrivait.
Le premier, étape de mise en jambe, direction la province où j'ai cherché un taff & trouvé un studio. Cette étape, outre la période d'échauffement pour me mesurer aux changements avait un second objectif : celui de me rapprocher de ma famille paternelle dont j'ai toujours été trés proche, notamment ma tante, personnage clé mon existence, un modèle aussi de modernité & d'ouverture. Je devais le sentir ce besoin de vivre ces moments à l'aube de son départ vers d'autres "cieux".
Ce premier saut avait déjà été perçu avec un certain septicisme, à part du côté de mon fan club : l'amitié rend aveugle vous savez... Lol!
Incompréhension surtout face au modèle ancré "études, mariage, boulot & enfants".
Je ne dis pas que la peur m'est inconnue... Bien au contraire elle est tapie, accrochée aux parois! Et justement pas question de la laisser me museler par frilosité de l'inconnu! L'isolement est dur aussi. Le besoin muet de quelqu'un qui croie en moi... Toujours faire face seule. Se lever le matin et aller de l'avant quelque soit le moral!
J'ai douté de lâcher mes amis en fait... j'avais peur de les perdre. C'est la seule objection qui a pesé lors de ma décision... Mais quel poids! l'Amitié est pour moi l'Essentiel basique de Vie!
Et puis j'ai réalisé que rester pour eux signifier quoi en soi? Si eux demain doivent partir pour cause de mutation, de divorce, d'enfants à élever "au vert", est-ce qu'ils se diront "Ah non nous restons pour Sandrine, c'est notre amie & s'est dévouée pour nous dans le passé"!!!! Bien sur que non! ils auront des arguments censés expliquant leur départ. Ils penseront à eux avant tout. Et grand bien leur fasse de suivre leurs souhaits, que ces arguments soient censés ou non!
Cette réalité flagrante a eu raison des derniers freins au départ. J'ai compris que la Vraie Amitié tiendra malgré l'éloignement, s'exprimera différement certes mais sera toujours là entre 2 personnes sincères. Une manière peut-être aussi de mettre à l'épreuve les sentiments & d'en sortir les vrais & profonds que rien n'altèrent... Alors oui j'ai perdu de vue bon nombre et oui j'ai gardé constamment les plus proches près de moi et qu'ils y seront toujours. Si ces liens ont "survécu" à 2 déménagements , province et plus loin encore l'étranger, ils assurent leur solidité pour tout le reste! Lol
Voyages, mails, textos, facebook, blog tout est bon pour nous dire "Love", pour se confier, pour rire, pour pleurer. Ils sont là et moi aussi je suis là.
Voilà je suis maintenant depuis 5 ans à Agadir. J'ai débarqué en pleine nuit, avec une copine, sans savoir de quoi le lendemain serait servi. Seule certitude : allez au bout du rêve! Rien à perdre. Un taff cela se retrouve toujours pour qui est motivé (le mot crise n'était pas encore à la mode). Nous avions 3 mois de visa pour prospecter. Au mieux on restait, au pire 3 mois au soleil & de retour pour croquer une pomme pleine d'énergie!
Quand l'annonce fût faîte je crois qu'ils m'ont tous pris pour une folle! Mes parents ont du se dire "Qu'avons-nous fait pour ne pas avoir le stéréotype même de la fille rangée!"
Un pays musulman, un pays qui ne fait pas partie du top 10 de la performance économique. Qu'est-ce qu'elle a dans sa tête? Tout le monde m'attendait au tournant... Le tournant n'est pas encore là! 5 ans... le 20 juin 2009. Bon je ne dis pas non plus que tout a été facil & j'ai même rédigé un livre sur l'intégration d'une jeune trentenaire en territoire étranger! Lol
Depuis janvier de cette année, je me suis mise à compte. Ma "petite" entreprise à 1 personne.
Conclusion : J'y suis arrivée à mon souhait de petite fille. Tout ma démarche a concouru à cette finalité... les moyens importent peu dit-on... Je pourrai l'adapter ainsi : quelque soit les chemins parcouru, raccourci, de traverse, direct, sous un tunnel ou de plein jour, j'y suis! Si l'instituteur était là... je pourrai répondre à la question maintenant :
- Être chef d'entreprise!
- Oui mais dans quoi?
- La gestion de projets Toute cette introduction pour en revenir au titre "Ils ont tout plaqué pour le métier de leur rêve..."
Dixit la psychologue Maryse Vaillant " c'est un vrai phénomène de société (...) certains ne supportent plus leur job, d'autres ont le sentiment de passer à côté de leur vie... En choisissant un métier dont ils rêvaient, on peut croire qu'ils agissent par nostalgie. Pas du tout. C'est signe qu'ils deviennent adultes : ils suivent enfin leur désir, plus celui de leurs parents."
Extraits de l'article :
"Et un jour j'ai dit stop. Ma vie était trop en décalage avec ce que j'étais réellement."
"J'ai fait le grand nettoyage dans mon entourage, les prétendus amis qui ne vous comprennent pas, la partie de la famille qui vous prend pour un dingue... Ne restent plus que ceux qui veulent que je sois heureux. Et je le suis."
"Durant cette période j'ai douté, non pas de mon choix, évident et vital, mais de ma capacité à faire du bon!"
"Son regard amoureux a été un booster formidable, comme si je me réveillais d'un long sommeil. (...) J'avais besoin que quelqu'un croie en moi"
Certaines correspondances avec mon propre rédac non? c'est surprenant comme j'ai retrouvé des redondances de mots entre leurs témoignages et le mien.
En tout cas moi je réclame justice à la minorité que nous étions. Le mot crise, pas encore d'actualité, ne justifiait pas les actes en désaccord avec un moule bien rigide. Le mot crise ne justifiait pas un discours psycho-pédago de bon ton dans les tabloïds.
Révérence...
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